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Obésité : la surconsommation alimentaire similaire à l'addiction

La surconsommation alimentaire associée au développement de l'obésité serait, au niveau cérébral, similaire à un phénomène d'addiction aux drogues, confirment des chercheurs américains dans une nouvelle étude.

"L'alimentation est influencée par le plaisir et obtenir une récompense par la nourriture peut fortement en motiver la consommation", rappellent-ils.

Selon eux, chez les obèses, il existe une diminution de l'expression de certains récepteurs de la dopamine (une substance appelée encore neurotransmetteur et sécrétée dans le cerveau), en réponse à la prise d'une nourriture agréable: or, ce phénomène est semblable à celui observé chez les personnes dépendantes d'une drogue. En outre, manger au-delà des besoins énergétiques se rapproche fortement du comportement compulsif des toxicomanes.

Dans leurs travaux, les chercheurs montrent que des rats ayant largement accès à une nourriture riche vont en consommer deux fois plus et devenir obèses. De fait, chez ces animaux, une élévation du seuil de récompense (mesurée par des électrodes) a été observée au niveau d'une zone particulière du cerveau (appelée striatum). Ainsi, pour obtenir une telle sensation, les petits mammifères doivent manger davantage que ceux auxquels est proposée une nourriture moins agréable, expliquent les auteurs. Ce phénomène d'amplification est également constaté chez les rongeurs ayant accès à une drogue et devenant dépendants, ajoutent-ils.

Toutefois, si ces rats obèses et "accros" à la nourriture riche en sont privés, ils cessent de manger et maigrissent en deux semaines, rassurent-ils.

"Les circuits de récompense situés dans le cerveau s'adaptent remarquablement bien au changement et c'est bien là le problème", estime l'un des auteurs. En effet, si ce système devient moins sensible, "l'animal a besoin d'une stimulation constante avec de la nourriture agréable pour éviter d'entrer dans un état négatif persistant", précise-t-il.

C'est donc la consommation excessive de nourriture qui induit une baisse du circuit de récompense et crée ainsi un cercle vicieux renforçant la surconsommation. Ces travaux suggèrent également un intérêt potentiel à cibler la dopamine pour tenter de traiter l'obésité, puisque celle-ci résulterait d'une anomalie au niveau des récepteurs du neurotransmetteur. 

 

Nature Neuroscience, publication en ligne accélérée du 28 mars : Dopamine D2 receptors in addiction-like reward dysfunction and compulsive eating in obese rats (Paul M Johnson & Paul J Kenny), APM SANTE, AVril 2010.


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