Arthrose : pathologie de l’appareil locomoteur à prendre au sérieux

Le vieillissement est une thématique de santé et de bien-être qui tient en haleine le plus grand nombre. Entre les personnes soucieuses de leur avenir en terme de santé physique et psychologique, celles de la santé de leurs proches ainés et les personnes âgées elles-mêmes. Lors du vieillissement, des modifications, des maladies et des affections peuvent survenir, comme les maladies liées à l’usure des articulations. Polyarthrite rhumatoïde, arthrose, ostéoporose, ou lombalgies, les maladies articulaires et les traumatismes graves touchent selon l’OMS « des millions de gens dans le monde », et concernent environ 150 pathologies de l’appareil locomoteur. L’arthrose est l’une de ces maladies articulaires affectant un grand nombre de personnes âgées, même si les prédispositions génétiques et le poids peuvent être des facteurs d’apparition précoce.

Selon un rapport récent de l’OMS publié en Octobre 2013, « l’arthrose est l’une des 10 maladies les plus invalidantes dans les pays développés. A l’échelle mondiale, on estime que 9,6 % des hommes et 18 % des femmes âgés de plus de 60 ans en souffrent. ». Premier motif de consultation médicale après les maladies cardio-vasculaires, l’arthrose affecte actuellement 17% de Français, selon une récente grande enquête nationale dont les résultats sont publiés sur le site Stop-Arthrose.org. Ne bénéficiant en particulier que de « traitements symptomatiques destinés à soulager la douleur », l’arthrose est une maladie articulaire à la destruction du cartilage, et où plusieurs facteurs de risques sont maintenant identifiés par les chercheurs. La découverte et la compréhension de ces facteurs permettent régulièrement de trouver de nouvelles cibles thérapeutiques, avec l’espoir de développer des médicaments et des prises en charge spécifiques contre l’arthrose.

Anatomie de l’arthrose

Pas besoin d’être acrobate ou sportif de haut niveau durant sa vie pour solliciter ses articulations. Que ce soit les doigts et les mains, l’appareil locomoteur est sollicité au quotidien, et leurs articulations sont fréquemment touchées par l'arthrose dès que les facteurs de vieillissement sont réunis. D’autant plus qu’avec un usage d’outils bureautiques devenu extrêmement fréquent ces dernières décennies et dans le futur, les populations vieillissantes risquent d’être à coup sûr touchées par des pathologies de l’appareil locomoteur comme l’arthrose.

Bien que la Recherche identifie régulièrement de nouvelles solutions permettant de soulager les douleurs grâce à d’éminents rhumatologues collaborant dans différents hôpitaux dans le monde, l’arthrose reste encore une maladie à l’évolution imprévisible et essentiellement avec des traitements symptomatiques.

L'arthrose « se caractérise par la dégénérescence du cartilage articulaire qui perd en épaisseur, se fissure et finit par disparaître. Cette destruction conduit à un remodelage de l'os adjacent et à la formation d'excroissances osseuses. ».

Les symptômes de l'arthrose se manifestent « par des douleurs, des raideurs et des gonflements au niveau des articulations accompagnées par une gène fonctionnelle et une altération de la qualité de vie. Les articulations les plus souvent touchées sont le genou, la hanche et les petites articulations de la main. ».

Arthrose : extrêmement fréquente après 65 ans

Selon la Société française de rhumatologie, seulement 3 % de la population de moins de 45 ans est touché par l’arthrose, 65 % après 65 ans et 80 % au-delà de 80 ans.

La fréquence de la maladie varie en fonction de la localisation :

  • L'arthrose de la colonne vertébrale est la plus fréquente dans la tranche d'âge 65-75 ans (70 à 75 % des personnes) mais reste le plus souvent silencieuse.
  • L'arthrose des doigts est la deuxième localisation la plus fréquente (60 %) et se traduit par des déformations irréversibles.
  • Les arthroses du genou et de la hanche concernent respectivement 30 % et 10 % des personnes de 65 à 75 ans. Elles sont plus invalidantes car touchent de grosses articulations qui portent le poids du corps.

Toutes les autres articulations (les épaules, les coudes, les poignets ou les chevilles) peuvent être concernées mais sont plus rarement atteints.

L'OMS a estimé « que l'incidence de l'arthrose de la hanche était de 36 à 38 pour 100 000 hommes et de 51 à 55 pour 100 000 femmes pour une année. En 2000, en Europe, l'OMS a estimé que 1 484 600 personnes étaient atteintes d'arthrose de la hanche et 5 023 400 personnes étaient atteintes d'arthrose du genou. L'arthrose affecte plus de 70 millions de personnes en Europe et représente en terme de Santé Publique un coût de plus de 80 milliards d'Euros. A l'échelle Européenne, on chiffre à 500 000 le nombre de poses de prothèses de hanche et de genoux. ».

L'arthrose atteint donc différentes parties du corps et sont traitement et les résultats peuvent varier en plus des différences entre patients.

Par exemple, l’arthrose liée aux articulations de la main bénéficie souvent d’un bon pronostic. Pour l’arthrose liée aux genoux, la prise en charge et les résultats sont très variables selon les patients, mais les évolutions sont souvent « lentes et insidieuses ». L'arthrose de la hanche est la pathologie qui évolue le plus vite, avec le plus souvent un recours à la pose d'une prothèse de hanche dans les quelques années suivant l'apparition de l’arthrose chez le patient.

*Illustration dans le corps du texte : Infographie à consulter via : http://stop-arthrose.org/IMG/jpg/infog_arthrose_final-2.jpg

Les traitements de l’arthrose

A ce jour, nulle thérapeutique du marché ne peut se prévaloir comme 100% efficace, et les traitements offerts aux patients sont symptomatiques, puisqu'ils soulagent les patients atteints mais ne retiennent pas l’évolution anatomique de l’arthrose.

Les traitements de l'arthrose sont habituellement classés en 4 catégories :

  • Adoption d'une hygiène de vie spécifique ;
  • Traitements non-médicamenteux ;
  • Traitement médicamenteux ;
  • Traitement chirurgical.

Les traitements proposés aux patients atteints d’arthrose sont donc multiples et souvent combinés afin d’offrir une plage plus large de solutions à chaque patient.

Après le diagnostic posé par le rhumatologue, un patient pourra par exemple ;

  • Suivre des séances de kinésithérapie (traitements des gonflements et raideur des membres) ;
  • Porter une orthèse (dans le cas de déformation le port d’attelles ou orthèses, permet le repos des articulations et lutter contre les déformations) ;
  • Suivre des cures thermales (selon les conseils et prescriptions du rhumatologue, la cure thermale peut avoir de nombreux effets positifs pour combattre la douleur et permettre d’adopter une hygiène de vie bénéfique durant plusieurs semaines par an) ;
  • Subir une intervention chirurgicale (dans le cas des arthroses sévères, très déformantes et résistantes aux médicaments, le traitement chirurgical reste la prise en charge adaptée. Cette intervention peut notamment, en fonction de l’âge du patient, permettre de remplacer un ligament ou poser une prothèse de hanche, avec des interventions en ambulatoire sous anesthésie locale ou générale) ;
  • Prendre des médicaments, avec les conseils du médecin traitant (paracétamol, anti-inflammatoire non stéroïdien, anti-arthrosique d’action lente, injections de corticoïdes, etc.).

Enfin, la consultation auprès de votre médecin en cas de doute et le suivi médical par un rhumatologue dans le cas de l’arthrose sont importants pour votre santé. Aucun traitement (surtout médicamenteux) ne devra se prendre à la légère et sans avis médical préalable.

L’évolution de la maladie et les effets des traitements nécessitent un échange permanent avec des professionnels de santé, surtout que régulièrement des nouveaux traitements médicamenteux apparaissent, ou sont modifiés ou retirés du marché, comme la suspension récente par l’Agence européenne du médicament (EMA) de l'anti-inflammatoire diacéréine, un produit largement utilisé dans le traitement de l'arthrose du genou et de la hanche.

Sources

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