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Cancer du sein : même controversé, le dépistage reste un moyen de sauver

Chaque année, la campagne « Octobre Rose » sensibilise le plus grand nombre sur les Cancers du sein. Cet événement permet aussi de changer de position quant au regard posé sur le dépistage et la qualité des prises en charge et des traitements. Opération de Santé Publique, « Octobre Rose » précède notamment « Movember », l’événement international annuel de soutien pour la recherche contre le Cancer de la prostate.

Selon l’Institut Curie, 1 femme sur 9 développera un cancer du sein, 15 % des cancers du sein sont dépistés à un stade très précoce et 7 % des cancers du sein sont dépistés par une mammographie. Enjeux de Santé Publique, les Cancers du sein représentaient 52 000 nouveaux cas de cancers du sein en France en 2008 et 11 300 décès. Véritable fléau, pour lequel les chercheurs améliorent sans cesse les traitements, les cancers du sein nécessitent pourtant toujours une prise en charge précoce afin d’enrayer la maladie, et le dépistage organisé reste un des moyens les plus efficaces pour lutter.

Dépistage organisé : entre polémiques et recommandations

Généralisé sur l’ensemble du territoire français depuis 2004, le dépistage du cancer du sein concerne les femmes âgées de 50 à 74 ans. Ces femmes sont invitées à se faire dépister tous les deux ans, sans avance de frais. Mais quelque soit l’âge, prendre soin de sa santé est primordial et ne pas attendre de consulter si un soupçon est posé.

Quels sont les principaux facteurs de risque des cancers du sein ?

•    le sexe (plus de 99 % de ces cancers touchent les femmes),
•    l'âge (les deux tiers des cancers se déclarent après 50 ans),
•    les antécédents personnels de cancer,
•    les antécédents familiaux de cancer,
•    certaines prédispositions génétiques,
•    facteurs externes, liés à l'environnement et aux conditions de vie (tabagisme, alcool, surpoids, etc.).

« Octobre Rose », ou « Ruban Rose » (pour son nom international), se déroule chaque année depuis 1985, en laissant derrière lui son lot de remises en question et de polémiques. Mais quel événement de Santé Publique n’en laisse pas entrevoir ?

Mois de sensibilisation au cancer du sein, « Octobre Rose » a initialement été fondé par l'American Cancer Society et la division pharmaceutique de l’Imperial Chemical Industries. Comme chaque campagne de Santé Publique, « Octobre Rose » n’emporte pas la palme de tous et des polémiques naissent autour du dépistage. Bien que cette opération de dépistage organisé permette de s’intéresser au cancer le plus fréquent chez la femme — et que le corps médical parvienne à mieux soigner grâce à un diagnostic posé de plus en plus tôt — le surdiagnostic est l’élément principal des polémiques.

Ces polémiques se fondent en partie sur des études contradictoires, sur l'intérêt du dépistage systématique, la dangerosité de la radiologie et le surdiagnostic, publiées ces dernières années. Le surdiagnostic est « évalué selon les études de 1% à 50% (5 à 10% selon l'Institut national du cancer), il peut entraîner des examens et des traitements inutiles, dont certains "lourds de conséquences" comme l'ablation, la radiothérapie ou la chimiothérapie. L'impact du dépistage sur la mortalité fait donc de plus en plus débat dans la communauté scientifique, comme l'a rappelé l'association UFC-Que Choisir, qui a réclamé le réexamen des données scientifiques par un collège d’experts indépendants. ». Selon certaines études, comme celle publiée dans le journal New England of Medicine (édition de Novembre 2012), les mammographies dites de routine « permettent surtout de détecter de jeunes cancers non évolutifs ». Aussi, selon ces études opposées, il semblerait que le dépistage n’empêche pas totalement la progression du cancer du sein, malgré le fait que les prises en charge soient plus efficaces. Cette contradiction serait, selon des spécialistes, en rapport avec le fait que certains cancers ne soient pas évolutifs et que des prises en charge et des traitements étaient inutiles pour certaines patientes. L’étude n’omet cependant pas le fait que le dépistage puisse sauver des vies. La « recette » serait donc de mieux cibler les dépistages systématiques plus que de les « éliminer ».

Participer au dépistage organisé du cancer du sein est à ce jour le meilleur moyen d’établir un pronostic fiable, qui se soldera pour les patientes malades par des traitements moins conséquents. D’autre part, il est important de rappeler que le programme de dépistage systématique des cancers du sein obéit à des règles strictes garantissant sa qualité. Ces normes spécifient les modalités de mise en place adaptées aux professionnels de santé, ainsi qu’aux installations de matériel médical comme les indispensables appareils de mammographie (fin 2012, le parc d’appareils en France était composé à 85 % d’installations numériques). La qualité du programme de respect des normes s’appuie entre autre, sur « une évaluation régulière de l’ensemble du dispositif, dont les résultats permettent d’apporter les évolutions nécessaires et de continuer à renforcer sa qualité ». Non négligeable, un point important est aussi donné sur la formation des professionnels de santé (cancérologues, infirmières, radiologues, manipulateurs de radiologie, etc.). Notons au passage, comme le souligne la revue Internet Atlantico (lire l'édition du 26/10/13), que "Les campagnes de prévention contre le cancer du sein ne s'adressent qu'aux femmes, oubliant les 1 à 2% d'hommes - parmi tous les cas de cancers - concernés par la maladie. Cela s'explique par la rareté de la maladie chez la gent masculine".

Enfin, l’autre volet important est l’évolution de la qualité de la prise en charge et du traitement des cancers du sein. Les médecins et chercheurs essayent de permettre une prise en charge de la maladie de plus en plus dans sa globalité, et avec de meilleurs résultats. L’objectif étant de limiter les récidives, circonscrire les complications d’une hospitalisation (risques infectieux, etc.), et atténuer la gravité de l’acte chirurgical. L’aspect psychologique dans la prise en charge d’une patiente prend une place plus conséquente et les récents succès de la chirurgie ambulatoire des cancers du sein sont une véritable révolution en ce sens. Plusieurs établissements de santé peuvent assurer ce type de prise en charge en France, comme à Marseille, Montpellier, Paris ou Nice.

La chirurgie ambulatoire au Centre Val d'Aurelle - Montpellier de unicancer sur le réseau Vimeo.

#Mamming : quand les réseaux sociaux s'attaquent aux Cancers du sein

Pour terminer sur une note d'humour, une initiative est néée sur les réseaux sociaux afin de "motiver" les femmes concernées à faire le dépistage et à sensibiliser le plus grand nombre sur les cancers du sein. On retrouve entre autres des photographies sur le réseau Instagram, un site internet dédié : http://www.thisismamming.com et une vidéo (en anglais) mise en scène à propos de ce phénomène, nommé le #Mamming. L’objectif du #Mamming est de poser vos seins sur des choses et prendre une photo, quel que soit le lieu, et de publier votre photographie sur les réseaux sociaux (Intagram, Facebook, Twitter, etc.) avec le mot-dièse (ou hashtag) #Mamming, afin d'encourager et sensibiliser le plus possible de femmes (et d'hommes) sur le combat contre les cancers du sein.

Sources et liens utiles

•    « Effect of Three Decades of Screening Mammography on Breast-Cancer Incidence »,  http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1206809?query=featured_home&
•    Chiffres clefs du cancer du sein, Institut Curie, http://www.cancersdusein.curie.fr/fr/infos-cancers-du-sein/chiffres-cles/les-chiffres-cles-00727
•    Movember, http://fr.movember.com/
•    Ruban Rose, http://fr.wikipedia.org/wiki/Ruban_rose
•    Octobre Rose, http://www.cancerdusein.org/octobre-rose/octobre-rose
•    « Cancer du sein : impact modéré de la controverse sur l’intérêt du dépistage par mammographie », http://www.senioractu.com/Cancer-du-sein-impact-modere-de-la-controverse-sur-l-interet-du-depistage-par-mammographie_a16397.html
•    « L’UFC-Que Choisir réclame un réexamen du dépistage organisé du sein », http://www.liberation.fr/societe/2012/09/25/l-ufc-que-choisir-reclame-un-reexamen-du-depistage-organise-du-sein_848742


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