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Obésité et surpoids : à propos d’un traitement non chirurgical

Selon l’OMS, il y aurait plus d'1,4 milliard d’adultes en surpoids et plus de 500 millions seraient obèses, auxquels s’ajouteraient 40 millions d’enfants de moins de cinq ans en surpoids. Associés à un grand nombre de décès, le surpoids et l’obésité sont de véritables fléaux qui ne sont pas toujours un héritage familial. Le résultat de cette épidémie mondiale d’obésité provient de plusieurs faits, comme les modifications du niveau de vie, la sédentarité, le déséquilibre alimentaire, et un environnement physique et social défavorable.

Pour traiter cet excès de masse grasse, dont les conséquences graves sur la santé ne sont plus à prouver, de nombreux traitements existent, et un marketing de la minceur bien ficelé pèse lourd dans l’économie.  Sans soutien ni suivi médical, le succès du traitement de l’obésité n’est pas toujours remporté. Nécessitant de se reposer sur plusieurs fondements (régime alimentaire équilibré, exercice physique, suivie et soutien psychologique, traitement des complications associées, chirurgie bariatrique, etc.), l’équation gagnante doit être adaptée à chaque patient. Parmi les traitements efficaces, il existe le traitement non chirurgical comme le Ballon intragastrique (BIG). Lumière et réponses par l’un des spécialistes français, le Dr Thierry Manos.

Ballon intragastrique : indications, pose et ablation

On le sait, « l’excès de poids entraîne un risque accru de maladies métaboliques (diabète), cardiaques, respiratoires, articulaires et de cancer ». Il est donc indispensable de traiter au mieux les patients qui seraient obèses. Le Ballon intra gastrique (BIG) fait partie des traitements non chirurgicaux modernes depuis les années quatre-vingt.

Grâce au développement de la technique et à l’évolution de la recherche, le BIG est devenu une option pour de nombreux patients. Indiqué aux patients, avec un indice de masse corporelle (IMC) entre à 27 et 40 (sans co-morbidités), le BIG permet à des patients d’être traités notamment dans les cas suivants : manque de succès d’une prise en charge nutritionnelle, d’une reprise du poids, de la nécessité de perdre du poids avant une chirurgie orthopédique, d’un projet de grossesse, de patients adolescents ou dans le cadre d’un indication esthétique. Aussi, le BIG serait indiqué pour les patients en obésité́ morbide non candidats à la chirurgie bariatrique (ou chirurgie de l’obésité).

Questions/Réponses avec le Dr Thierry Manos

Dans quel cas est indiqué le Ballon intragastrique ?

• Le ballon intragastrique est une bonne indication pour un patient qui a besoin de perdre de 10 à 25kg.
• Si l’indice de masse corporelle (IMC) du patient est >27 et <40 il peut envisager la pose d’un ballon.

Le ballon est un starter pour un régime

• Le ballon va donner une sensation de plénitude gastrique puis de satiété.
• Ce starter est efficace s’il est associé à une prise en charge multidisciplinaire.
• La motivation et la prise en charge comportementale nutritionnelle associées vont permettre au patient de maigrir.

Quelles sont les contre-indications à la pose du Ballon ?

• Grossesse, absence de contraception.
• Hernie hiatale de hauteur supérieure à 5cm.
• Ulcères actifs, oesophagite grade 3, maladie de Crohn.
• Trouble de la coagulation, traitement anticoagulant.
• Prise au long cours d’AINS (anti-inflammatoires non stéroïdiens) ou d’Aspirine en l’absence de traitement antisécrétoire.

Qu’est-ce que le Ballon intragastrique ?

• Le ballon est en silicone, il est souple et dilatable, Il est relié à un tube qui permet de l’insérer vide dans l’estomac puis de le gonfler. Lorsqu’il est plein, le ballon flotte librement dans l’estomac. Le ballon remplit en partie l’estomac, entrainant une sensation de plénitude gastrique et de satiété́. Il est rempli d’une solution saline stérile colorée en bleu et si une fuite peut être possible, une coloration des urines en vert permet de déceler le problème très rapidement.

Quels sont les effets désagréables du Ballon ?

• Crampes abdominales, des nausées, des vomissements, des brûlures de l’estomac ou de l’œsophage.
• Effets disparaissent au bout de 3 jours.
• Nécessité éventuelle d’un arrêt de travail.

Notez que ces effets disparaissent généralement au bout de quelques jours.

Quels effets secondaires sont possibles ?

• Oesophagite (inflammation de la muqueuse de l'œsophage), une gastrite, ulcère entrainant des douleurs abdominales, des saignements, exceptionnellement une perforation.

Dans les cas de douleur abdominale, de brûlure de l’estomac ou de l’œsophage, de ballonnement inhabituel ou de fièvre, il est indispensable de prévenir le gastroentérologue.

Quels sont les risques du Ballon ?

• Les vomissements se poursuivent rarement après 3 jours. Une hospitalisation peut être recommandée pour réhydratation.
• Le dégonflement spontané du ballon peut entrainer son passage dans l’intestin grêle.
• Risque d’une occlusion intestinale nécessitant une intervention chirurgicale.
• Emission d’urines bleues ou de signes digestifs anormaux (consulter son médecin sans tarder).
• Un ballon dégonflé peut être émis spontanément par la bouche ou les selles.

Combien de poids est-il possible de perdre à l’aide du Ballon ?

• Le ballon est une aide efficace pour perdre du poids en association avec le régime.
• La perte de poids est entre 10 et 25kg pendant les 6 mois durant lesquels le ballon est en place.
• La poursuite de la perte de poids, et l’absence de reprise de poids après son ablation, dépendront de la façon dont le patient adoptera les changements de mode de vie à long terme en matière de comportement alimentaire et d’exercice physique

Peut-on reprendre du poids aprés ablation du ballon ?

• L’image corporelle se sera modifiée et sera positive après la perte de poids.
• Le comportement alimentaire aura changé.
• Le suivi nutritionnel permettra de continuer à perdre du poids. Il aidera à poursuivre les efforts pour maintenir le changement de comportement alimentaire évitant ainsi l’effet « yoyo ».

Comment se déroule l’intervention pour la pose d’un Ballon intragastrique ?

Pose d’un ballon gastrique, via http://www.youtube.com/watch?v=jZ_rXYPAw10

Avant la pose, le patient est pris en charge par une équipe médicale multidisciplinaire autour de plusieurs consultations : gastroentérologie, diététique, psychothérapie, anesthésie.

Pour la pose du ballon le gastroentérologue réalise une fibroscopie sous anesthésie générale. S’il n’y a aucune contre-indication, le gastroentérologue  met en place le ballon intragastrique dans l’estomac du patient. La durée de la mise en place est de l’ordre d’une vingtaine de minutes.

Dès lors, le patient est surveillé dans l’établissement de santé a(clinique, hôpital) pendant quelques heures avant de rentrer chez lui accompagné.

Après la procédure, le patient reçoit des conseils de ré-alimentation progressive et adaptés. Une prescription d’antisécrétoire est faite pour une période de 6 mois.

Des examens, comme un ionogramme sanguin (dosage dans le sang des ions sodium, potassium, chlore et bicarbonates dans le plasma), sont réalisés au 3ème jour de l’intervention. Aussi, une consultation avec un membre de l’équipe pluridisciplinaire est recommandée toutes les 4 à 6 semaines.

Enfin, le médecin produit une ordonnance de médicaments et une ordonnance de laboratoire pour réaliser des examens.

Régime après mise en place du ballonnet

1er Jour

• Seuls les liquides sont autorisés, par petites quantités à avaler régulièrement sur toute la journée avec du thé ou des tisanes sucrés, our de l’eau.

2ème Jour

• On introduit les bouillons de volaille.
• Les liquides doivent être avalés par petites gorgées réparties sur la journée.
• Si l’on privilégie les repas liquides, cela n’autorise pas les substituts de repas.
• Si des vomissements empêchent toute prise de liquides, il est impératif de contacter le gastroentérologue traitant.

3ème Jour

• Si l’alimentation liquide n’a pas provoqué trop de vomissements, on peut démarrer les aliments mixés, les légumes pauvres en fibres : purée de carottes ou pomme de terre. On ajoute également des céréales cuits : gâteau de semoule, riz au lait, bouillons et vermicelles. Il est nécessaire de boire de l’eau en petites gorgées en fin de repas et toute la journée. Les liquides avalés en grande quantité ou trop rapidement font descendre le ballonnet contre le pylore, à l ‘origine de vomissements.

4ème Jour

• Il convient de continuer à mixer les aliments mais le patient peut commencerà manger de la viande. Il est important de toujours commencer par des aliments solides et gardez le liquide pour la fin du repas, en l’absorbant par petites gorgées.  L’idéal est de cuisiner soi-même. Si le temps est trop limité, il est possible d’utiliser des plats congelés. Si les vomissements restent importants, il est primordial de fractionner les repas.

A partir du 5ème Jour

• Si l’estomac commence à bien s’adapter au ballonnet, c’est à dire si les vomissements sont moins fréquents, il est possible de reprendre une alimentation normale en mâchant bien les aliments, en les coupant en petits morceaux. Dans le cas contraire, il est important de continuer à les mixer. Il faut éviter les légumes très fibreux qui se bloquent autour du ballonnet comme les asperges, les endives, ou les poireaux. De préférence, il faudra consommer des légumes plus que des pâtes ou du riz. Les féculents peuvent se consommer 2 à 3 fois par semaine. Il est important aussi d’éviter les boissons sucrées et de proscrire les boissons gazeuses.

Le retrait du ballon

Vidéo du retrait d’un ballon gastrique. © Dr Thierry Manos

• La dépose du ballon est réalisée impérativement au bout de 6 mois.
• Le retrait est réalisé sous anesthésie générale avec intubation en ambulatoire.
• Sous contrôle endoscopique le ballon est perforé, l’air ou le liquide est aspiré et une fois dégonflé il est extrait par la bouche.
• La dépose dure 20 minutes en moyenne.

Sources

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