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Médicaments en rupture de stock : des causes multiples

Grâce à la cellule de veille permanente de l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), il est possible de connaître les médicaments en « rupture de stock ». Information essentielle afin d’anticiper ou de réagir face aux complications et problématiques que subiraient les professionnels de santé et les patients, la liste des médicaments en pénurie a récemment révélé une quarantaine de médicaments en rupture de stock. Notons par exemple l’Amétycine (anticancéreux), le Fomépizole (antidote intoxications), le Levothyrox (hypo-thyroïdie), le Typhérix (vaccin typhoïde), ou le Vistide (sida).

Phénomène régulièrement soulevé par l’ANSM, la rupture de stock de médicament a de multiples causes comme la capacité de production insuffisante, un arrêt de production momentané ou définitif, ou une mauvaise répartition de la distribution des médicaments. Ces ruptures ne sont pas sans conséquences, sachant que certains remèdes sont primordiaux pour les patients, et procurent un certains stress auprès des pharmaciens, qui ne peuvent pas respecter le délai de trois jours du Code de la Santé Publique.

Flux tendu sur les marchés pharmaceutiques mondiaux

En France, environ 11 000 médicaments différents sont disponibles dans les officines de pharmacie, et la pénurie de certains produits pharmaceutiques n’est pas une tendance anodine. Comme le confirme les derniers rapports d’alertes publiés par l’ANSM, courant Août 2013, des dizaines de médicaments manquent à l’appel. Aussi étonnant qu’il puisse paraître, même avec une grande variété de médicaments et de génériques, l’alerte a été donnée pour 45 médicaments. Certains de ces médicaments sont indispensables pour le traitement de pathologies thyroïdiennes, certains cancers, le VIH, le rachitisme, les troubles de la ménopause, les troubles cardiaques, les problèmes gastriques ou encore les rhumatismes.

Malgré la gestion assidue dont bénéficient le développement et la mise sur le marché d'un médicament, comment une telle « crise » du médicament est-elle possible ?  Les causes de rupture de stock ou de retard d’approvisionnement des médicaments ne sont pas isolées et d’autres origines subsistent.  Parmi les causes on relève principalement : une quantité de production insuffisante ; des ennuis de qualité qui provoquent un arrêt de production temporaire ou définitif ; un défaut de sécurité ou de constance dans l’approvisionnement en matière première ; une répartition inégale de la distribution des médicaments au niveau national et international.

Même si les motifs des ruptures ou des risques de ruptures de certains médicaments sont divers, il semblerait que la mondialisation et le développement des productions dans les pays émergeants comme l’Inde ou la Chine, ainsi que le travail à flux tendu des laboratoires, soient en cause.  Depuis plusieurs années l’industrie pharmaceutique ne cesse de développer sa production en Asie, et l’implantation géographique stratégique des entreprises pharmaceutiques n’est pas sans conséquence. D’ailleurs, cette progression actuelle laisserait apparaître une production proche des trois quarts des substances actives utilisées dans l’élaboration des médicaments, hors de l’Europe.

Pour pallier les ruptures, bien que l’ANSM soit vigilante,  l’une des idées de secours serait, selon certains spécialistes et professionnels du secteur, de créer un transfert de production à un organisme national pharmaceutique public. L'abandon de production des spécialités pharmaceutiques par manque de rentabilité étant l’une des causes principales (avec les problèmes de circuit de distribution), les patients pourraient ainsi continuer leur traitement sans subir le dictat des les lois du marché.

45 médicaments en rupture et 17 en risque de rupture

Ci-dessous découvrez la liste des médicaments mis en alerte de rupture et de risque de rupture (initialement publiée par Le Parisien).

Médicaments en rupture

Allochrysine, solution injectable, 25 mg, 50 mg, 100 mg (rhumatisme). Amétycine, solution injectable, 10 mg, 20 mg (anticancéreux). Ascabiol, lotion, (antigale). Atropine Alcon, 0,3%, (collyre). Caryolysine, solution, 10 mg, (anticancéreux). Depocyte, injectable, 50 mg (anticancéreux). Diffu-K, gélule, (déficit en potassium). Dodecavit, injectable, 0,5 mg/ml, (déficit vitamines). Eurobiol, poudre orale, 4,5 g, (insuffisance pancréas). Fomépizole, solution, 5 mg/ml, (antidote intoxications). Gentalline, solution injectable, 10 mg, 40 mg, 160 mg (infections). Hexastat, gélules, 100 mg (anticancéreux). Immucyst, 81 mg, poudre (anticancéreux). Increlex, solution injectable, 10 mg/ml (retard de croissance). Isoptines, solution injectable 5 mg/2 ml (troubles cardiaques). Jext, solution injectable, 300 mg (choc anaphylactique). Levothyrox, comprimés, 25 mg, 50 mg, 100 mg, 150 mg, 200 mg (hypo-thyroïdie). Myambutol, solution injectable, 1000 mg/ml, comprimé 400 mg (tuberculose). Nanocis, solution injectable (diagnostics). Neo-mercazole, comprimés, 5 et 20 mg (hyperthyroïdie). Netromycine, solution injectable, 25 mg, 50 mg, 100 mg (antibiotique). Norcuron, poudre, 10 mg, (anesthésie). Normison, comprimé, 10 mg et 20 mg, (insomnies). Orgalutran, solution injectable, 0,25 mg/O, 5 ml (hormones). Orgamétril, comprimé, 5 mg (troubles ménopause). Oxacilline Panpharma, poudre pour solution injectable, 1 g, (antibiotique). Oxinate d’indium Mallinckrodt, solution, (analyses sanguines). Panretin gel 0,1%, (lésions cutanées). Pedea, solution injectable, 5 mg/ml (traitement prématurés). Peptavlon, solution injectable (problèmes gastriques). Phosphore Alko, 750 mg, comprimé, (rachitisme). Quinine Chlorhydrate Lafran (paludisme). Rafton, gélule, 3 mg, (maladie de Crohn). Semap, comprimé, 20 mg (schizophrénie). Stimu-LH, 50 mg/1 ml (hormones). Stimu-TSH, 125 mg/1 ml (hormones). Striadyne, 20 mg/2 ml, solution injectable (troubles cardiaques). Sycrest, comprimé 5 mg (troubles bipolaires). Synacthène, injectable, O, 25 mg/1 ml, (spasmes). Targretin, capsule, 75 mg, (lymphome cutané). Teatrois, comprimé, 0,35 mg (ophtalmologie). Thiotepa genopharm, 15 mg (anticancéreux). Tofranil, comprimé, 10 mg et 25 mg, (dépression). Typhérix, vaccin typhoïde. Vistide, solution pour perfusion (sida).

Médicaments  en risque de rupture

Amoxicilline, poudre pour solution injectable (antibiotique Clamoxyl). Cefixime, comprimé 200 mg (antibiotique). Célestène, solution injectable 8 mg/2 ml (allergie, asthme). Cerezyme 400 U, poudre (déficit enzymatique). Cernevit, poudre (perfusion). Fabrazyme 35 mg, poudre (déficit enzymatique). Fosfocine 1 g, poudre, (antibiotique). Gammagard, 50 mg/ml, (solution pour perfusion). Hydrocortancyl 2,5%, injectable (dermatologie). Immunoglobulines humaines intraveineuses (perfusion). Molybdène (tests diagnostics). Orgaran 750 U, solution injectable (cardiologie). Pegasys, solution injectable (hépatites B et C). Sérécor, gélules, 300 mg (troubles cardiaques). Synacthène retard, 1 mg/1 ml (spasmes). Typhim VI, vaccin typhoïdique. Vfend 200 mg, poudre (antifongique).

Sources


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