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Fin de vie : un futur débat houleux sur la mort ?

Liée aux cultures, aux modes de vie et au reflet des choix d’une société, la fin de vie est un thème délicat, mais inévitable. Abordé lors de changements de pouvoir et dans des situations exceptionnelles d’euthanasie faisant l’actualité, comme l’affaire « Vincent Humbert », ce débat de société refait surface activement.

Après le « mariage pour tous », le peuple français se voit promettre par le président de la République François Hollande un débat sur la fin de vie pour le second semestre 2013. Il s’en suivrait alors une éventuelle réforme pour la fin de l’année, a-t-il annoncé dans une allocution le 1er Juillet dernier lors d’un déplacement officiel pour l'inauguration du pôle hospitalier de Bretagne-sud.

Réponse au débat relancé sur l’euthanasie, le Comité Consultatif National d'Ethique (CCNE) recommande dans son Avis n°121 de ne pas légaliser l’euthanasie et le suicide assisté, mais d’améliorer la prise en charge des malades en fin de vie. Cet avis ouvre un nouveau débat public national, où les professionnels de santé, les politiciens et les associations d’usagers s’expriment. La position du président François Hollande en réaction à cet avis, serait un futur projet de loi, afin de compléter et surtout améliorer la « Loi Leonetti », une loi relative aux droits des patients en fin de vie adoptée en 2005, mal connue des soignants et des familles.

Améliorer les soins palliatifs

Les soins palliatifs, qui servent à soulager les douleurs des patients, ne semblent pas être omniprésents auprès des milliers de patients en fin de vie chaque année en France. Selon le Dr Sylvain Pourchet, (responsable de l’unité de soins palliatifs de l’hôpital Paul Brousse à Villejuif), interviewé par TF1 le 1er Juillet 2013, « seulement 2,5% des médecins seraient formés aux soins palliatifs », et « l’ensemble des mesures qui peuvent permettre de mieux vivre avec la maladie ne seraient pas suffisantes ». D’un autre côté, les associations d’usagers réclament « le choix du patient » et d’abattre les situations indignes qui accompagnent trop souvent la fin de vie. En substance, le débat sur la fin de vie va devoir s’affirmer et trouver une issue en prenant en compte l’avis de tous, comme c’est déjà le cas dans plusieurs pays européens, ou en ce moment outre-Atlantique chez nos cousins Québécois.

Déterrer la hache de guerre

Fin de vie, autonomie de la personne, volonté de mourir, arrêt de vie, euthanasie active, euthanasie passive, suicide médicalement assisté, droit à la sédation,…

Le débat n’est pas léger, touchant à la fois les aspects religieux, éthiques, philosophiques et légaux, la précaution est de mise pour chaque avis donné. Les termes des actualités, des professionnels de santé ou des législateurs, « noient » parfois la bonne compréhension de ce que chaque terme signifie dans son application concrète. Une chose est certaine, le débat va nourrir l’esprit de tous et aboutira à une meilleure prise en charge des personnes en fin de vie. Il ouvre aussi une prise de conscience sur un devoir de l’humanité, qui n’a d’autre issue que de rendre la mort plus douce et le décès d’un individu dans la dignité de la vie.

Chez nos voisins ?

« Ægroto dum anima est, spes » (Tant que le malade a un souffle, il y a de l'espoir.) dit le proverbe. Cependant, le débat sur la fin de vie est aussi un choix de société, où nos proches voisins n’ont pas la même expérience. La légalisation de l’euthanasie en Europe ne fait pas l’unanimité. Pour l’exemple, cinq pays disposent d’une loi permettant l’euthanasie active ou l’assistance médicale au suicide, dont la Suède, les Pays-Bas, la Belgique, le Luxembourg, et la Suisse. A l’inverse, d’autres pays interdisent strictement l’euthanasie, qu’elle soit passive ou active, dont l’Irlande, la Pologne, la Roumanie, la Croatie, la Bosnie, la Serbie, l’Italie, et la Grèce.

Le consensus est donc délicat, mais ce débat nous concerne tous, même si la fin de vie est liée à chaque histoire, à chaque patient. Dans un climat où la dégradation des conditions de fin de vie est montrée du doigt, l’enjeu est crucial. Bien que « les manettes » soient aux mains des législateurs, l’issue sera le reflet unique de la France et des Français – surtout si les rues se soulèvent dans le dessein du « mariage pour tous », dont le thème ne touche pas le commun de tous les mortels.

Sources
Bibliographie & Livres à consulter
  • « Les 5 plus grands regrets des personnes en fin de vie », Bronnie WARE, juin 2013, Guy Trédaniel Éditeur.
  • « Nés vulnérables ; petites leçons de fin de vie », Agnès Bressolette, mai 2013, Edition PUF, Coll. La Nature Humaine.
  • « Petite anthologie du bien-mourir », Philippe Martin, septembre 2012, Edition La librairie Vuibert.

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