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Gestion du risque iatrogène : un enjeu contre « l’enfer sanitaire »

Les Français peuvent se rassurer. Bien que des économies pour la Sécu soient nécessaires, ou que des laboratoires commettent des erreurs, les prises en charge en milieu hospitalier en France bénéficient toujours de plus d’attention, de respect et de veille.

L’évolution permanente des soins délivrés et des recommandations issues des groupes d’experts, et l’information à disposition des patients sur la compréhension des indicateurs qualité, comme dans le cadre des Palmarès des hôpitaux Le Guide Santé, participent à cet avancement.

Prévention et réduction de l’iatrogénie : priorité de santé publique

L’amélioration des traitements et de leurs événements indésirables — ou risques iatrogènes — est un enjeu national suscitant des questionnements et une meilleure gestion. En France, le système de santé fait régulièrement l’objet de réformes, visant à optimiser et à sécuriser la prise en charge des patients, tout en améliorant au passage la performance du système sanitaire. Décrets sur la politique du médicament, sur les dispositifs médicaux stériles dans les hôpitaux et cliniques, ou sur la lutte contre les événements indésirables associés aux soins, les programmes d’actions et d’amélioration continue évoluent au fil du temps. Ces avancements n’ont de cesse de prendre en compte de nouveaux facteurs organisationnels et humains pour assurer la qualité et la sécurité des soins.

Tout le monde peut être confronté à une hospitalisation et à la prise de médicaments, que ce soit dans le cadre d’une maladie ou d’un accident. Dans ces situations, l’intérêt des professionnels de santé est de vous prendre en charge dans les meilleures conditions et de vous apporter les soins nécessaires en évitant les risques iatrogènes (parfois liés à l’âge comme dans le cas de l’iatrogénie médicamenteuse). Priorité, retenue notamment depuis 1996 par la Conférence nationale de santé (CNS) et le Haut Conseil de la santé publique (HCSP), au côté de la lutte contre les infections nosocomiales, l’iatrogénie (ou gestion du risque iatrogène) peut se définir comme « toute pathogénie d’origine médicale au sens large, compte tenu de l’état de l’art à un moment donné, qui ne préjuge en rien d’une erreur, d’une faute ou d’une négligence ». Autrement dit, on considère une affection iatrogène lorsqu’une maladie, un état de santé, ou un effet secondaire, sont provoqués par un traitement médical.

La réponse de la politique de santé publique pour la gestion du risque iatrogène en milieu hospitalier a notamment pour buts : d’éviter les actes inutiles ; de favoriser la formation-action et renforcer les stratégies publiques d’information ; de repérer les situations à risque (ou pré-iatrogènes) ; de développer la démarche qualité et l’utilisation de référentiels ; de créer un équilibre entre sécurité et prise de risque à définir avec chaque patient ; amener une gestion des risques ne se réduisant pas au tout sécuritaire ; et offrir l’écoute et l’aide psychologique nécessaires.

Risque iatrogène et pharmacies sur Internet

Thématique très régulièrement sur les feux de la rampe, la gestion du risque iatrogène démontre d’ailleurs à chaque tohu-bohu médiatique l’intérêt de nouveaux débats et de réponses — comme dans les affaires des scandales du Mediator® ou des alertes récentes du Furosémide® — ainsi que d’anticiper les changements comme la vente de médicaments sur Internet.

L’avènement d’Internet a grandement modifié nos comportements de consommateurs et de patients. De notre échange avec notre médecin traitant, à la recherche de symptômes sur des forums, par la consultation de parapharmacies ou pharmacies en ligne, le réflexe santé sur le Web est inscrit dans les comportements de l’Homme du XXIème siècle.

La possibilité de pouvoir tout se procurer ou presque via l’achat en ligne n’a pas épargné le secteur du médicament. Pour contrer les dérives (contrefaçons, etc.) et mieux encadrer le commerce du médicament sur Internet, la ministre de la Santé, Marisol Touraine, a voulu réglementer les e-pharmacies. Né de la volonté du prolongement virtuel d'une pharmacie physique, un nouvel arrêté réglemente la vente de médicaments sur Internet. Publié le 23 juin 2013 et entrant en vigueur au 12 juillet 2013, cet arrêté permettra (uniquement à des pharmaciens) de vendre quelques 4000 médicaments non soumis à prescription médicale comme le paracétamol, etc.

Gageons que toutes les normes mises en place (notices de posologie et précautions imprimables attachées aux médicaments, etc.) pour prémunir les risques de « l’iatrogénie e-médicamenteuse » ne soient pas l’objet de dérives et d’apparition de prochains scandales.

Sources


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