Aspirations professionnelles : des jeunes médecins parlent de leur avenir

Le médecin d’aujourd’hui n’est plus le même qu’il y a vingt ans. Le jeune médecin tweete, a son site Internet, intervient sur des forums, et exerce une profession qui n’est pas toujours celle de l’un de ses parents.

Le médecin d’aujourd’hui met aux oubliettes les clichés, et pour contribuer à l’avenir de la profession, le Syndicat des Internes des Hôpitaux de Paris (SIHP) a récemment organisé une enquête, dont les résultats mettent en lumière les médecins de demain.

L’avenir de la médecine en France

Parité, choix des spécialités, vie privée et vie professionnelle, secteur privé ou secteur public,…

Le choix d’une profession est un acte parfois délicat pour certains et naturellement tout tracé pour d’autres. Par le passé, devenir médecin a souvent été un choix stimulé par l’héritage familial. Un choix aussi fait par vocation et par passion, et avec une moindre mesure à la suite d’une interrogation et de la découverte de la profession sur le tard. Bien que les études de médecine ouvrent de nombreuses possibilités (lorsque le challenge de la première année devient moteur), devenir médecin n’affiche plus les mêmes aspirations, le XXIème siècle apporte de nouvelles réflexions, et de nouvelles priorités.

Dans cette direction et la volonté d’adapter la profession de médecin à son temps — une profession vitale dans nos sociétés — le Syndicat des Internes des Hôpitaux de Paris (SIHP) a mené une enquête TNS-SOFRES sur les aspirations professionnelles des jeunes médecins. Elaborée pour contribuer aux réflexions sur l’avenir de la profession, l’enquête d’opinion révèle qui sont les jeunes médecins et leurs ambitions.

Des résultats qui modifient la perception de la profession

Les jeunes médecins répondants donnaient la part belle aux femmes, avec 62% de participantes. Parmi ces participants, 70% déclaraient être en couple, majoritairement avec un confrère ou un membre d’une catégorie socio-professionnelle supérieure.

60% des participants à cette enquête sont en fin de cursus, et 2/3 déclarent ne pas être prêts à tout sacrifier pour leur métier, voire d’envisager de pouvoir renoncer un jour à leur profession. La « vocation » n’est donc plus qu’un sacerdoce titillant le jusqu’auboutisme, mais la profession s’envisage avec une volonté de briser les frontières et les idées reçues.

Le choix des spécialités des participants montre aussi une prise en main de l’avenir de la profession guidée par leurs goûts, avec 69% de répondants mettant de côté les considérations matérielles. Les jeunes médecins font le choix de privilégier à la fois leur vie professionnelle et privée, en abattant les stéréotypes du médecin vu comme une véritable cheville ouvrière, favorisant sa profession au profit de sa vie familiale, ceci sans pour autant refuser d’être impliqué.

L’enquête SIHP TNS-SOFRES rapporte aussi qu’une majorité d’entre eux souhaite exercer leur profession dans le secteur public (53%), et où l’exercice en Centre Hospitalier Universitaire (CHU) obtient une franche majorité des voix.

Ces résultats annoncent la couleur. Le profil de la jeune génération de médecins a du caractère et les attentes sur les conditions de travail sont bien différentes de ce qui leur était proposé jusqu’ici. L’apparition de cette "génération Y" de médecins va nécessairement remettre en question les stratégies des systèmes de soins, et les résultats de cette enquête devraient interpeller efficacement les établissements de santé s’ils veulent répondre aux attentes de leurs futurs médecins, pour ne les voir bouder ou fuir les postes vacants.

Sources


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