Cancer colorectal : l’aspirine réduirait les risques

Une dose quotidienne d'aspirine donnée à des personnes à risque élevé de cancer de l'intestin réduirait les risques, d’après une nouvelle étude. Deux pilules par jour pendant deux ans a réduit l'incidence du cancer du côlon de 63% dans un groupe de 861 patients à risque, selon une étude publiée dans la revue The Lancet. Les résultats de cette étude s’ajoutent à un ensemble croissant de preuves qui tendent à dire que l'aspirine pourrait devenir un moyen efficace pour la lutte contre le cancer.

L’étude, menée sur 861 patients atteints de syndrome de Lynch (cancer colorectal héréditaire sans polypode, qui touche environ une 1 personne sur 1000), vient compléter plusieurs études observationnelles des atouts de l’aspirine contre les cancers. Cette dernière montre en particulier un rapport de réduction du cancer colorectal chez les consommateurs réguliers d'aspirine. Les essais comparatifs randomisés ont montré un risque réduit des adénomes (tumeur bénigne touchant une glande ou certaines muqueuses), mais aucun n'a employé la prévention du cancer colorectal comme un critère d'évaluation primaire.

L’étude portait essentiellement sur les effets antinéoplasiques (qui visent à bloquer la division cellulaire) de l'aspirine chez les porteurs de syndrome de Lynch, la principale forme de cancer colorectal héréditaire. Les porteurs de syndrome de Lynch ont été assignés au hasard avec une groupe prenant de l’aspirine et un groupe avec un placebo d’aspirine.

Les résultats dévoilent que la prise de 600 mg d'aspirine par jour pour une moyenne de 25 mois a réduit considérablement l'incidence du cancer, après 55,7 mois chez les porteurs de cancer colorectal héréditaire. Mais des études complémentaires sont nécessaires pour établir la dose optimale et la durée du traitement par l’aspirine, ainsi que sur les effets secondaires (ulcères, saignements gastro-intestinaux…).

L'aspirine est déjà bien connue pour réduire le risque de crise cardiaque et d'AVC chez les patients à haut risque. Cette étude vient donc contribuer certainement à construire une image cohérente, qui pointe dans la même direction que les différentes études des deux dernières décennies. L’aspirine et la prévention du cancer est donc une voie de plus en plus pertinente mais nécessite encore du temps et des études. En attendant, il n’est pas conseillé de chercher à réduire le risque de cancer soi-même par la prise préventive d’aspirine, sans compter que les études portent essentiellement sur les personnes à risque.

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