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Cancer du côlon : la lumière au service du dépistage

Après avoir démontré que la lumière pouvait détecter avec précision les cellules précancéreuses dans la muqueuse de l'œsophage, l'équipe de bio-ingénieurs de la Duke University (USA) a orienté la technologie vers le côlon et a obtenu des résultats similaires dans une série d'expériences préliminaires. Une annonce révélée récemment dans la revue Journal of Biomedical Optics.

Se développant à partir des cellules qui tapissent la paroi interne du côlon, le cancer du côlon est "dans plus de 80 % des cas une tumeur bénigne, appelée polypes adénomateux". Elle évolue lentement pour devenir devenir ensuite cancéreuse. Cette tumeur, dans le cadre de la prise en charge, fait l’objet d’un diagnostic anatomopathologique, qui permet d’établir l’ampleur de la maladie afin de décider si une chirurgie doit être accompagnée par une chimiothérapie.

La nouvelle technologie développée par les bio-ingénieurs pourrait donc être un moyen non invasif pour les médecins afin de détecter les cellules anormales ou une dysplasie (malformation ou déformation résultant d'une anomalie du développement d'un tissu ou d'un organe), qui ont le potentiel de devenir cancéreuses. Ces cellules peuvent se nicher dans les épithéliums, divers tissus, y compris l'œsophage et le côlon.

Avancée majeure dans le dépistage du cancer colorectal

Les techniques actuelles requièrent une biopsie, grâce à laquelle le médecin va prendre des échantillons de tissus au hasard, et pour certains troubles du côlon, ces procédures peuvent être très contraignantes pour le patient. Au lieu de prendre des échantillons de tissus, le nouveau système aurait pour but d’envoyer de courtes rafales de lumière de la pointe d'un endoscope à des endroits soupçonnés d’être l’emplacement de cellules pré-cancéruses.

Lorsque la lumière est dirigée vers ces tissus, elle se disperse. Les chercheurs recueillent et analysent ensuite cette lumière dispersée à la recherche des signes révélateurs d’une dysplasie. De manière significative, la technique utilisée est non invasive, ce qui signifie qu’aucun tissu n’est prélevé et qu’aucun aucun colorant ou agent ne sont nécessaires.

Un patient moins contraint

Une chose importante pour les cliniciens est d'être capable de détecter les changements dans les noyaux des cellules, juste sous la surface, ce qui pourrait ne pas être détectées simplement en regardant la muqueuse du côlon au moyen d'un endoscope seul. Cette technique va plus loin, elle sépare les modèles uniques du noyau des autres parties de la cellule et donne des représentations de ses changements de forme.

Cette approche novatrice est un enjeu majeur et pourrait être l'avenir pour diagnostiquer la dysplasie du côlon. La façon de dépister, caractériser et même traiter les lésions précancéreuses ou cancéreuses pourraient donc faire un grand pas. Cette technique pourrait aussi améliorer grandement la qualité de vie d’un patient, en évitant les aléas possibles (saignements ou perforation) des biopsies gastro-intestinales, et des conséquences auprès des personnes souffrant de maladies inflammatoires de l’intestin.

Sources
  • « Detection of intestinal dysplasia using angle-resolved low coherence interferometry ». doi:10.1117/1.3631799 ; Journal of Biomedical Optics n°16, 106002. 03 Octobre 2011. http://dx.doi.org/10.1117/1.3631799
  •  Pratt School of Engineering at Duke University http://www.pratt.duke.edu/
  • Pour aller plus loin…

Vidéo d'une coloscopie de dépistage d'un cancer colorectal réalisée dans l'enceinte de la Clinique Bouchard à Marseille, par le Docteur Thierry Manos, gastro-entérologue et hépatologue.


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