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La Peste Noire : une étude remonte le temps

La Peste Noire : une étude remonte le temps

Une version beaucoup moins virulente de la peste noire (de 1348) qui a tué un tiers de la population européenne au XIVe siècle est encore présente aujourd'hui, selon une étude publiée le 29 août 2011 dans la revue PNAS (Proceedings of the National Academy of Sciences).

Des tests ADN pratiqués sur les squelettes des victimes de la peste dans plusieurs tombes (datant de 1348-1350) d’un cimetière médiéval à Londres (sur le site de East Smithfield, Londres, Angleterre) révèlent une partie de la séquence du gène de la peste bubonique moderne, malgré ses différences.

La peste noire a coûté la vie d'un tiers de la population européenne en seulement cinq ans (de 1348 à 1353), mais des épidémies modernes ont été beaucoup moins meurtrières. Par exemple, une épidémie à Bombay en Inde en 1904, a tué juste 3% de la population, en dépit du fait qu'il s'est déroulé avant l'avènement des antibiotiques.

Bien que les enquêtes sur les victimes de la peste médiévale identifient « Yersinia pestis » (Y. pestis) comme étant l’agent étiologique présumé de la pandémie, les limites méthodologiques empêchaient des enquêtes d'envergure en génomique d’évaluer les changements dans la virulence du pathogène dans le temps.

Pour cette étude, menée par l'Université de Tübingen (Institut d'archéologie scientifique) en Allemagne et à l'Université McMaster, au Canada, les chercheurs ont étudiés l'ADN à partir de 109 squelettes du site archéologique londonien.

Les chercheurs ont examinés les victimes de la peste noire avec les dernières technologies d’étude du séquençage d'ADN en comparant plusieurs profils. Cette étude signale l’authenticité de Y. pestis comme un pathogène antique, représentant ainsi la plus longue séquence génomique contiguë pour un agent pathogène ancien à ce jour. Les données révèlent que la peste noire de l’Europe médiévale a été provoquée par une variante de Y. pestis qui ne peut plus exister à ce jour.

« Ceci indique qu'au moins cette partie de l'information génétique du microbe a peu changé au cours des 600 dernières années », explique Johannes Krause de l'Université Tübingen.

En comparant l'ADN à celui des 10 squelettes excavés à partir d'un site pré-datant la peste noire, les chercheurs ont pu prouver qu'elle n'avait pas été contaminé par un géne moderne ou des bactéries dans le sol.

Les auteurs soutiennent donc que la version de la maladie qui a causé la peste médiévale est probablement éteinte, mais suggèrent aussi qu’une étude plus approfondie devrait révéler comment l’évolution a pu se faire en une souche moins virulente.

 

Sources

 

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