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Interview : Eric Cheysson | La Chaîne de l'Espoir

Créée en 1995, l’association La Chaîne de l’Espoir est devenue en moins de deux décennies une véritable lueur d’espoirs et d’activités concrètes réalisées autour de la santé et de l’éducation.

Rencontre avec son président, Eric Cheysson, pour découvrir cette association et ses nombreuses et essentielles activités dans le Monde, comme : Faire venir en France des enfants pour les soigner ; Se rendre sur place pour opérer les enfants ; Donner les moyens au personnel médical local de soigner lui-même les enfants de son pays, etc.

La Chaîne de l'Espoir : Ensemble, sauvons les enfants

1. En avril dernier vous avez fêté les 5 ans de l’Institut Médical Français pour L’Enfant de Kaboul (IMFE). Comment est né ce projet indispensable dans un pays fragilisé par des années de guerre ?

Éric Cheysson : Après les événements du « 11 Septembre 2001 », la situation change en Afghanistan avec l’annonce des États-Unis et du Royaume-Uni qui désignent ouvertement Oussama Ben Laden comme le responsable des attentats. Le renversement du régime Taliban et l’offensive massive auront des « conséquences » sans précédent sur la population.

Courant décembre 2001, l’état des lieux est catastrophique sur place. D’abord fondateur du Groupe chirurgical de Médecins du Monde puis de La Chaîne de l'Espoir, j’ai pu participer à de nombreuses missions humanitaires en Asie, en Afrique, en Europe de l’Est, et en Afghanistan dès 2002. Face à l’étendue des abominations dans ce pays, il fallait reconstruire et soutenir cette population en détresse.

Dès fin 2001, l’élan de solidarité et de volonté de ne pas laisser se poursuivre ces atrocités est devenu mondial. Nous avons suivi ce mouvement de générosité, d’emblée ambitieux mais finalement essentiel, qui prend aujourd’hui tout son sens. Soutenue entre autres par une dizaine de grandes entreprises françaises, La Chaîne de l'Espoir s'est lancée dans une grande aventure : créer un hôpital pour la Mère et l'Enfant à Kaboul en Afghanistan.


2. La Phase 1 de votre projet s'est déroulée avec succès grâce à l'investissement de nombreux professionnels de santé. Quelles ont été les principales difficultés abattues pour réussir la bonne marche de cet Institut ?

Éric Cheysson : Bien qu‘aujourd’hui 1 400 professionnels de santé se soient investis dans ce projet, le début de l'aventure laissait entrevoir une certaine réticence de leur part.

Mais malgré le contexte et les informations sur les événements afghans, 90% des professionnels de santé qui sont venus sur place ponctuellement souhaitent y retourner. La force des relations humaines sur place est impressionnante. C'est un pays très attachant et l'école française de médecine reste une référence aux yeux des Afghans.

3. Vous développez actuellement les projets d'extension de l'hôpital de Kaboul. Quels services sont les plus urgents à mettre en place et comment est-il possible de soutenir ces projets de La Chaîne de l'Espoir ?

Éric Cheysson : Dans un pays où l'espérance de vie d'une femme est de 42 ans, tout devient primordial. Le premier volet était dédié essentiellement à l'enfant, puis maintenant le volet de la mère, dont la valeur symbolique est démultipliée dans ce contexte pesant. Les services sont donc l'obstétrique, la néo-maternité et la gynécologie.

Le soutien des écoles françaises d'obstétrique, du Ministère des Affaires étrangères et des Afghans est un élément majeur pour la réussite de ce projet, mais le soutien de toutes et tous est vital. La Chaîne de l'Espoir permet à tous de s'informer et soutenir les projets menés. Chacun peut participer entre autres par le biais de dons en se rendant sur notre site internet sur notre page dédiée. Pour l?avenir, la phase 3 du projet sera de créer le CHU sur 6 hectares à côté de l'IMFE.

4. Quelles sont les sources de financement de l'IMFE ?

Éric Cheysson : La Chaîne de l'Espoir peut développer ses projets grâce au soutien généreux de tous ses acteurs de santé bénévoles, médicaux ou non. Pour la partie financière, les projets sont soutenus par la Fondation Aga Khan (AKF), le Ministère des Affaires étrangères et les donateurs et partenaires de l?association La Chaîne de l'Espoir. Dans le cadre de la Phase 2 du projet de l'IMFE nous avons entre autre le soutien de l'Agence Française de Développement.


5. les équipes de l’IMFE sont constituées de nombreux afghans. Comment se déroule cette collaboration ?

Éric Cheysson : L'accueil sur place est véritablement extraordinaire. Cette qualité relationnelle fait partie de leur culture. Les Afghans sont des personnes très sensibles avec qui les échanges permettent de bien développer les projets. Les professionnels de santé afghans sont formés sur place et en France très régulièrement.

Le modèle de l'école française de médecine étant une référence, les échanges sont d'autant plus fructueux. Grâce aux actions de La Chaîne de l'Espoir, une valeur importante est maintenue ; celle de l'espoir des Afghans, de se dire « oui, c'est possible ! ». Enfin, pour parfaire les projets et répondre au mieux au développement, nous recherchons des professionnels de santé qui souhaiteraient s'investir à nos côtés. Actuellement, nous recherchons pour nos missions des postes d'anesthésistes, de réanimateurs et d'infirmières de bloc opératoire.

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Photo © La Chaîne de l'Espoir


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