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Tabagisme : de nouvelles initiatives associatives

 

Les associations de lutte contre le tabagisme ont demandé lundi (10 janvier) de nouvelles initiatives au ministre du travail, de l'emploi et de la santé, Xavier Bertrand. Le Pr Bertrand Dautzenberg, Président de l'Office français de prévention du tabagisme (OFT), a regretté que les crédits en faveur des actions de prévention envers les jeunes aient "été coupés" et l'interdiction de fumer pour les moins de 18 ans ne soit "pas appliquée".

Renfocer les contrôles de l'interdication

Il a donc demandé un renforcement des contrôles de l'interdiction par toutes les autorités compétentes. Au vu du faible nombre de ces contrôles, le spécialiste a conclu que les Français avaient été "admirables" puisqu'ils avaient "respecté l'interdiction de fumer sans qu'aucune sanction ne soit appliquée". Il a aussi reconnu que l'interdiction de fumer dans les lieux publics n'avait pas eu l'impact attendu sur la baisse du tabagisme. Il a réclamé que le tabagisme soit par conséquent considéré comme "une maladie grave" et que l'arrêt du tabac soit remboursé et considéré "comme un traitement et pas comme de la prévention".

L'arrêt du tabac "a un bénéfice immédiat pour un patient atteint d'un cancer du poumon, un patient qui a eu un infarctus" et le coût des substituts nicotiniques est sans commune mesure avec les traitements de ces pathologies. "L'hôpital de la Pitié-Salpêtrière dépense 12.000 euros par an pour fournir des substituts nicotiniques, ce qui représente six mois de chimiothérapie d'un seul patient cancéreux", a-t-il relevé.

Le président du Comité national contre le tabagisme (CNCT) et de l'Alliance contre le tabac, le Pr Yves Martinet, a estimé pour sa part qu'il fallait remobiliser les corps de contrôle pour éviter tout relâchement dans le domaine de l'application de l'interdiction de fumer.

Selon lui, la réglementation sur l'espace public a connu un impact indéniable sur le tabagisme au domicile, qui est devenu davantage non fumeur, même si les adultes le sont restés. Il a par ailleurs demandé "une réflexion sur l'influence de l'industrie du tabac sur les décisions prises en France", conformément à un des engagements de la convention cadre pour la lutte anti-tabac de l'Organisation mondiale de la santé, ratifiée par la France en 2004. Il a estimé que l'Assemblée nationale devrait mettre en place un suivi de l'application de cette convention internationale en France.

L'absence de contrôle des bars à chicha, qui sont en infraction avec la réglementation sur l'interdiction de fumer et de vente aux mineurs, a également été signalée. Le président de Droits des non-fumeurs (DNF), Gérard Audureau, a souligné la reprise des infractions dans les entreprises. "Les personnes qui se plaignent craignent d'être licenciées. Récemment, une personne que j'ai mise en relation avec un journaliste a été licenciée le jour même". "Les inspecteurs du travail ont fait un gros boulot dans les trois premiers mois en 2007 et puis plus rien", a-t-il regretté. "Selon une enquête que nous avons effectuée, 20% des entreprises sont en infraction".

Gérard Audureau a également demandé un rappel de la réglementation des espaces fumeurs des cafés et restaurants qui doivent être des lieux clos, ventilés et sans personnel de service.

En marge de la conférence de presse du ministre, le président de DNF a aussi critiqué l'incohérence de la SNCF qui, dans ses gares parisiennes, affiche des interdictions de fumer dans le hall et sur les quais mais ne fait rien pour les faire respecter.

S'exprimant sur ce point, Claude Evin a estimé que la SNCF devait absolument faire respecter la réglementation.


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