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Les protéines sont à consommer juste après l'effort

Mis en sommeil pendant l'effort physique, le flux de synthèse protéique augmente à nouveau dès la fin de l'exercice et ceci pendant deux à quatre heures, d'où la nécessité d'un apport protéique lors de la phase de récupération, a souligné le Professeur Xavier Bigard, lors du congrès de la Société Française de Médecine du Sport, fin septembre à Paris.

"Le flux de synthèse protéique observé en récupération d'un exercice dépend de l'intensité de la contraction des muscles, ce qui implique pour le sportif d'adapter sa stratégie nutritionnelle", afin de favoriser le renforcement musculaire, a expliqué le spécialiste, physiologiste au centre de recherche des armées de Grenoble. Il intervenait lors d'une session intitulée : "les apports protéiques chez les sportifs, des attentes aux réalités".

Les apports en protéines ont toujours été une préoccupation pour le sportif. "C'est aussi un sujet faisant l'objet de vifs débats et à l'origine de nombreuses dérives du comportement alimentaire", a expliqué Xavier Bigard. Beaucoup de sportifs considèrent, en effet, qu'un apport excédentaire en protéines renforce leur musculature, "une conviction contre laquelle il faut lutter", a affirmé le médecin.

Consommées en excès, les protéines sont délétères pour l'organisme, a-t-il rappelé. Un excédent peut en l'occurrence être associé à une surcharge rénale importante et un déficit calcique.

L'apport protéique doit donc se concentrer dans les deux à quatre heures, dès la fin de l'exercice, et à une dose maximale de 20 à 25 grammes de protéines, "une quantité associée à un flux optimal de synthèse protéique", a précisé le spécialiste.

Pour ce qui est des besoins journaliers, la moyenne estimée pour la population sédentaire est de 0,83 g de protéine/kg/jour. Pour les sportifs, les recommandations sont de 1 à 1,2 g/kg/jour et jusqu'à 1,4 g/kg/jour pour les sujets entraînés.

Autre comportement à bannir évoqué lors de la session : la consommation de boissons protéinées pendant l'effort. Combinant des glucides et des protéines, elles sont de plus en plus adoptées par les sportifs. "Une hérésie", selon le médecin pour qui cette tendance profite surtout aux industriels. "L'apport de protéines n'a aucun intérêt ni avant, ni pendant l'effort", a-t-il précisé.

Ce type de boisson peut, en revanche, répondre aux besoins de l'organisme après l'effort puisque l'augmentation du flux protéique nécessite non seulement un apport en protéines, mais également un apport glucidique. Celui-ci devrait être idéalement représenté par un mélange de glucose et de fructose, deux molécules qui constituent le saccharose.

(Congrès de la Société française de médecine du sport, du 30 septembre au 2 octobre 2010 à Paris)

 

© APM-Santé - PARIS, le 11 octobre 2010


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