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Le goût sucré à éduquer dès l'enfance

L'attirance pour le goût sucré apparaît de façon naturelle dès la vie in utero, et ne doit pas être "diabolisée" mais au contraire "éduquée" chez les jeunes enfants, affirme le Dr Arnaud Cocaul, médecin nutritionniste, lors d'une conférence de presse organisée par Coca-Cola en marge des Entretiens de Bichat, début octobre à Paris.

Dans une société où la prévalence de l'obésité croît et où la pression sur l'image du corps est forte, certains régimes à la mode érigent les glucides (donc les sucres) en ennemi absolu, déplore Arnaud Cocaul. "Cela entraîne une culpabilisation des patients lorsqu'ils consomment des aliments sucrés".

Pourtant, l'appétence pour le goût sucré est naturelle, explique le nutritionniste. Elle apparaît dès la vie in utero et persiste chez le nouveau-né, qui constate assez vite les effets analgésiants d'une solution sucrée. De façon innée, le jeune enfant détecte "l'énergie potentielle qu'il y a dans l'aliment sucré", apte à subvenir à ses besoins énergétiques élevés. Il ajuste de façon spontanée ses apports caloriques, mais cette capacité d'ajustement disparaît par le formatage sociétal et familial, indique le Dr Cocaul.

Il est alors important de réapprendre à savourer parcimonieusement les aliments goûteux. "La diversification gustative chez l'enfant fait partie de la diversification alimentaire : on éduque son goût en étalant le panel d'aliments qui lui sont proposés", considère le nutritionniste. "Aucun aliment ni boisson n'est interdit, il faut promouvoir une consommation diversifiée et modérée, en réservant éventuellement certains aliments à des moments spéciaux ou festifs", conseille-t-il.

Le "rôle de guidance" des parents est essentiel, car certains restent toujours dans le même registre d'aliments, note Arnaud Cocaul. "D'autres essaient maladroitement de limiter la consommation sucrée de leurs enfants, en remplaçant par exemple les sodas par des jus de raisin, pourtant plus caloriques". "Le rôle du médecin face à son patient sera de réhabiliter les sucres sous toutes leurs formes", estime-t-il.

"Mes patients croient aimer le 'goût sucré', mais ils le confondent souvent avec le 'gras sucré' comme, par exemple, les gâteaux, pâtisseries et autres produits riches en énergie, et source de satisfaction immédiate", commente Arnaud Cocaul. Une éducation faite sur le mode des interdits peut avoir pour conséquence de faire perdre à l'alimentation sa fonction première, qui est de manger pour subsister, pour tendre vers une nourriture "médicament", qui apporte du réconfort et rassure, explique le médecin.

"Les Entretiens de Bichat" est une session annuelle de formation médicale continue, destinée principalement aux médecins généralistes.

 

© APM-Santé - PARIS, le 8 octobre 2010


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