La Maison du Cancer : brisons les tabous
| Le 01/08/2011 | | | Outils : Imprimer l'article Afficher le flux RSS | | |
Brisons les tabous du cancer !
Véritable cheville ouvrière du média web "La Maison du Cancer", Anne-Laurence FITERE participe avec son équipe au nécessaire et réel combat à mener contre les tabous sur le cancer (et tout les problèmes sociaux liés aux personnes atteintes).
Aider simplement, permettre l'échange, doper le tissage social, "La Maison du Cancer" a pour objectif de nous inviter à la dynamique essentielle dans le processus de rémission et de guérison.
Cancer du colon, cancer du poumon, cancer des os, cancer de la peau, cancer du foie, ou cancer de la prostate, cancer du sein…, ce "crabe polymorphe" pince malheureusement de plus de plus d'humains. Même si l'océan se traverse aussi pour une terre de guérison, nous ne sommes pas tous égaux et nous ne sommes que des humains. Dilemme : le traitement social de la maladie est encore trop anecdotique.
On le sait, l'inconnu nous fait peur et nous aveugle. Et plus encore, dans le cas de la déclaration d'une maladie, d'un cancer. Il nous assaille, va en s'amplifiant, lorsque nous ne pouvons pas nous confier, être réconforté et avoir des réponses à des questions simples (en apparence).
"La Maison du Cancer" va donc dans ce sens qui mérite popularité, une voie de questionnements, mais aussi et surtout, une voie de réponses et de réconforts, même en toute intimité derrière son écran. Internet nous éloigne, mais peut rapprocher aussi. Et au fond ce n'est qu'un outil.
En amont à la Journée Mondiale du Cancer organisée par l'OMS (le 4 février 2011), et mettre en lumière des initiatives non-gouvernementales, Le Guide Santé est allé poser quelques questions à l'une des fondatrices de La Maison du Cancer.
InterviewAnne-Laurence FITERE
Le média web "La Maison Du Cancer" est devenu en très peu de temps un acteur important au niveau de l’échange et de l’entraide sur le cancer. Est-ce que l’effervescence d’internet est véritablement la base de cette popularité ?
Non, je ne crois pas. Le média Internet intervient aujourd’hui au coeur de la révolution de l’information de manière générale. La popularité du site La Maison du Cancer tient surtout à des contenus de proximité, proches de la réalité du quotidien et des questions que se posent les personnes atteintes d’un cancer. Connaissant moi-même cette lourde épreuve, je connais les problèmes de l’intérieur.
A travers les différentes pièces de « la maison », les malades et leurs proches vont trouver des réponses aux multiples questions qu’ils se posent lors de la traversée du cancer : la nutrition dans la cuisine, l’esthétique et les séquelles physiques dans la salle de bain, le travail et les problèmes administratifs et financiers dans le bureau. Et dans le salon, ils peuvent échanger entre eux. Il s’établit ainsi une grande solidarité entre les internautes. Ce site est un espace convivial, non anxiogène, où l’on parle sans détour de la réalité du cancer au quotidien.
Pensez-vous que la présence de sites internet de votre envergure soient essentiels aux internautes (malades ou non) pour éviter l’anxiété, les mauvaises interprétations et trouver des informations fiables ?
En matière de santé, on sait que les gens vont désormais chercher beaucoup d’informations sur Internet. C’est pourquoi il est important face à cette demande d’apporter une offre de qualité.
Nous avons une grande responsabilité, celle de leur donner des réponses et des conseils extrêmement fiables. Moi-même et la co-fondatrice du site venons de la presse économique (groupe Les Echos). Nous avons à cœur de travailler avec la même rigueur, sur le fond et la forme.
Votre site est certifié HONcode. Que pensez-vous de cette initiative et seriez-vous d’avis à ce que tous les sites ou blogues en santé requièrent cette certification ?
Cette certification est importante et d’ailleurs les « sites amis » que nous proposons en lien, sont tous certifiés HONcode. Je m’en sers comme d’un filtre.
Puisque tout ce qui concoure à l’amélioration de la qualité des contenus va dans le bon sens, je suis « pour » ce type d’initiative.
Quels rapports entretenez-vous avec les pouvoirs publics, les hôpitaux, les cliniques, les médecins... ?
Notre site est un média et nous avons le statut d’éditeur de presse en ligne. Notre vocation est de rester totalement indépendant pour apporter là encore une information de qualité.
Ainsi, il n’y a pas de rapprochement particulier avec les institutions ou les pouvoirs publics, autre que sur un plan purement journalistique. Nous allons interviewer les spécialistes reconnus dans leur domaine, et ce quel que soit l’établissement dans lequel ils exercent.
Le comédien et écrivain Bernard Giraudeau vous avait témoigné son soutien dans votre projet. Quels « messages » laisse ce grand artiste français dans votre mission ?
L’un des objectifs du site est de "briser le tabou autour du cancer". Bernard Giraudeau a été l’un des premiers à assumer publiquement sa maladie. Il disait toujours « que l’on n’a pas à avoir honte d’avoir un cancer ».
Nous avons travaillé avec lui, et enregistré plusieurs vidéos qui témoignent de son engagement auprès de la communauté des malades. Sa présence à nos côtés dans les médias, à la fin de sa vie, a contribué à changer la donne. Le tabou a commencé à se fissurer. Aujourd’hui, nous sommes un peu « dépositaires de son message ».
Il nous a laissé en quelque sorte sa « feuille de route » et la force qui en est emprunte, pour aller plus loin. Bien entendu, ça ne se fera pas en quelques minutes mais nous devons susciter des débats, aller vers une ouverture des consciences.
Le cancer ce n’est pas anecdotique, c’est un fléau ! Prenons conscience de ce fléau ! Et amenons la société dans son ensemble à réfléchir sur les changements de comportement, de production, de consommation, nécessaires pour lutter efficacement contre lui. Bernard Giraudeau pointait du doigt cet « environnement » au sens large qui nous rend malade.
Par ailleurs, il s’insurgeait comme nous de cette "double peine" encourue par les malades. Outre les traitements, les malades rencontrent des problèmes de tous ordres, professionnels, financiers, administratifs, etc.
Le malade est avant tout un humain et l’équilibre entre les traitements et sa vie doit être optimal. Nous devons nous orienter vers un traitement social de la maladie et il reste encore beaucoup d’efforts à fournir. C’est dans cette voie que s’inscrit le projet de La Maison du Cancer.
- Site : http://lamaisonducancer.com
© Le Guide Santé / J.B., A-L. Fitère. - 01/2011
Auteurs: Le Guide Santé
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